la délinquance des mineurs a connu une forte augmentation, si l’on se fie aux chiffres de la police. Dans un sondage de 2013, 84% des sondés ont le sentiment que la délinquance a augmenté pendant les derniers mois, ils étaient 72% en novembre 2012, 59% en juillet 2010, et 43 % en 2007, c’est-à-dire que le sentiment d’insécurité n’a cessé d’augmenter en quelques années (même si on peut critiquer la méthodologie des sondages). Sebastian Roché et ses équipes se sont, pour leur étude de 1999, inspirés de la méthodologie de l’International Self-Report Delinquency Study (ISRD) ou enquête internationale de délinquance autodéclarée, et reproduisent l’expérience en 2003 à Grenoble. Des évidences qui sont trop souvent oubliées dans le débat public. Amandine Lebugle et l’équipe de l’enquête Virage, même si on peut critiquer la méthodologie des sondages, l’Observatoire scientifique du crime et de la justice (. Quel que soit le type de comportements (dégradation, vol, agression), les 5% les plus actifs des jeunes commettent de 50 à 60% du total des actes commis. Il apparaît donc que les faits les plus graves soient aussi les plus rares. La complémentarité de ces deux billets permet d’émettre l’hypothèse suivante : si la délinquance n’a pas explosé depuis les années 2000, ce sentiment repose sur un double processus. Il en ressort une certaine stabilité de la part estimée de mineurs parmi les contrevenants : ils représenteraient autour de 20% des auteurs de violences hors ménages, de menaces et d’injures. Etant sous-entendu que ce sont majoritairement des élèves qui les commettent. Par ailleurs, « Les accidents de la route, du travail, du sport et de la vie domestique sont en réalité beaucoup plus fréquents. Deux phénomènes ont fortement joué ces dernières décennies. b. Les chiffres rapportés dans les « bilans des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie » (au doux nom officiel « d’état 4001 ») ne sont pas un comptage des faits qui se sont produits — il est impossible de le savoir avec exactitude — mais de ceux qui ont été portés à la connaissance des forces de l’ordre. Alors que 70% des femmes jugent le harcèlement et les atteintes sexuelles graves, moins d’un tiers des hommes les jugent graves. L’ordonnance de 1945 a été réformée 24 fois et 12 fois depuis 2002, durcissant toujours les peines. Comment le variant britannique du Covid-19 est-il détecté ? Le ministre de la Justice a assuré que les chiffres de la délinquance juvénile étaient constants depuis une décennie. «La répétition des enquêtes transversales permettrait de comparer les évolutions des taux d’auteurs dans le temps […] Mais, en France, aucun dispositif durable n’a vu le jour concernant les enquêtes de délinquance autodéclarée», regrette Sebastian Roché. Les crimes et les délits enregistrés par les services de police et de gendarmerie ont fortement augmenté entre les années 60 et au début des années 80. Le thème de l’insécurité est une ressource infatigable pour ces deux champs. La réalité est que le taux de réponse pénale n’a pas cessé d’augmenter au cours des années 2000, passant de 77% pour arriver au alentour de 90 % ces dernières années. Alors qu’entre 1990 à 2000, « les viols collectifs n’avaient occasionné qu’un volume de 1 à 7 titres (pour une moyenne de 4 par an), en 2001 l’expression "viols collectifs" ainsi que celle, nouvelle, de "tournantes", apparaissent au total à 50 reprises. On gère de moins en moins les problèmes entre nous, on a de plus en plus recours à la force publique.» Ce qui entretient un «cercle vicieux», selon le sociologue : «On judiciarise de plus en plus, donc les chiffres augmentent, donc on s’inquiète et on a tendance à judiciariser encore plus.», A lire aussiA Evry, la justice des mineurs fait du sur-mesure. Et d’ajouter qu'«il n’y a pas de rajeunissement de la délinquance. Depuis le 11 mai et le déconfinement, la délinquance reste à un niveau bas dans la capitale. L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) a communiqué à CheckNews les chiffres des mises en cause par les forces de l’ordre depuis 1996. Tout comme la délinquance des bandes, il faut comprendre la déviance des immigrés comme résultante de structures économiques et sociales particulières. Par ailleurs, le sentiment d’insécurité s’est construit par une amnésie collective de notre histoire lointaine et récente, par une sensibilisation de la société et une reconnaissance de la violence d’autrui, l’individu ne supportant plus tout phénomène de violence, mais également par des transformations culturelles françaises et de vie quotidienne. Il s’agit, comme le rappellent tous les spécialistes de la statistique délictuelle, d’un indicateur imparfait et souvent trompeur, puisqu’il ne mesure pas les évolutions réelles de la délinquance mais de la «délinquance constatée». Peut-on observer la délinquance juvénile avec les enquêtes successives de délinquance autodéclarée ? Et ses différents questionnaires ne sont destinés qu’aux plus de 14 ans ou de 18 ans. ont été conçues pour mesurer l’activité des services de police et de gendarmerie et non la délinquance elle-même. Depuis 1988, le Conseil national des villes est l'instance nationale consultative de la politique de la ville, qui a pour mission de conseiller le gouvernement sur les réformes à promouvoir en faveur du développement des quartiers en difficulté. Entre réductionnisme, manipulation à fins électorales[1][2][3][4][5][6], erreur involontaire, course à l’audimat et sensationnalisme[7], pression de lobbys et marchands de sécurité, la question de la délinquance est très mal débattue au sein de l’espace public, ce qui impacte l’élaboration de politiques publiques adéquates. La délinquance est définie par le droit d’un pays souverain. La majeure partie de la délinquance dite «juvénile», soit 70 … En effet, les statistiques de police mesurent plus l'activité des services que la délinquance réelle et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, on ne peut pas expliquer le comportement particulier de quelques-uns par une caractéristique générale. La délinquance explose Le magistrat a fait état de chiffres en constante augmentation : nombre de mineurs passés devant le juge pour enfants en 2015 (31 % de plus qu'en 2014 et 55 % de … La quasi-totalité des affaires poursuivables reçoivent une réponse pénale. Sur la dernière décennie, la tendance est à la baisse, lente mais continue. La délinquance des mineurs est une inadaptation temporaire et seule une minorité de jeunes vont poursuivre dans la délinquance adulte : « On observe une montée à l’adolescence, un maximum au début de l’âge adulte et une lente décroissance ensuite », observe Nicolas Bourgoin. French leaks les viols collectifs n’avaient occasionné qu’un volume de 1 à 7 titres (pour une moyenne de 4 par an), en 2001 l’expression "viols collectifs" ainsi que celle, nouvelle, de "tournantes", apparaissent au total à 50 reprises. Aujourd’hui et ce depuis 20 ans, une personne sur dix affirme « se sentir en insécurité » souvent ou de temps en temps selon les données de l’Observatoire scientifique du crime et de la justice (OSCJ). Entre 1992 et 2001, le nombre de mineurs mis en cause a augmenté de 79% pour atteindre 177 017 en 2001.», Pour autant, impossible d’en déduire que les mineurs sont devenus, en vingt ans, trois fois plus délinquants. Problèmes : l’enquête de victimation de référence, CVS (Cadre de vie et sécurité), n’interroge pas les foyers collectifs (maisons de retraite, prisons) et rarement les outre-mer. Laurent Mucchielli l’explique, auprès de CheckNews : «Depuis des années, les lois sont de plus en plus répressives. Dans un rapport du début des années 2000, des sénateurs s’alarmaient de l’explosion de la délinquance juvénile : «Entre 1977 et 1992, pouvait-on lire, le nombre de mineurs mis en cause est passé de 82 151 à 98 864, soit une augmentation de 20,4 %. Il déplore aussi le manque d’appui des pouvoirs publics dans la réalisation de ces études, puisqu’elles n’émanent que d'«initiatives individuelles de chercheurs, ou d’initiatives internationales coordonnées», comme l'ISRD. Au total, c’est 8 % des femmes qui témoignent d’avoir été victime durant les 12 derniers mois d’au moins un fait grave, contre 17 % jugé « sans gravité ». Contacté, le ministère de la Justice en déduit – tout en restant prudent sur les interprétations – que «la délinquance des mineurs n’augmente pas». L’exemple le plus frappant est les arabicides, c’est-à-dire les homicides à caractère raciste de milices fascistes, mais également par celle d’Action Directe. Les enquêtes de victimation montrent bien que les faits les plus fréquents sont les « incivilités » (dégradations légères et insultes), qui n’apparaissent pas dans les statistiques de la police. peut laisser penser qu’il est en explosion. Elle s’explique aussi par l’individualisation des sociétés. la forte baisse globale des homicides depuis 1994. tout comme les chômeurs et les classes populaires. Une tendance haussière bien supérieure à la hausse de la population jeune sur la période. C’est d’ailleurs l’objectif affiché de l'ISRD. L'un des grands domaines d'intervention du CNV est notamment la prévention et le traitement de la délinquance2. plusieurs millions de recours aux urgences, risque d’agression est donc entre 5 et 15 fois. Par ailleurs, la moitié des femmes insultées (55%) n’y accordent pas d’importance. publiée le 29.12.2020. [1] https://www.lci.fr/politique/securite-les-grosses-intox-de-nicolas-sarkozy-1535169.html, [2] https://www.lemonde.fr/blog/decodeurs/2013/02/25/brice-hortefeux-muulti-recidiviste-de-lintox-sur-les-chiffres-de-la-delinquance/, [3] https://www.lemonde.fr/blog/decodeurs/2013/02/25/brice-hortefeux-muulti-recidiviste-de-lintox-sur-les-chiffres-de-la-delinquance/, [4] https://www.facebook.com/watch/?v=2691113814299981, [5] https://www.lepoint.fr/societe/delinquance-estrosi-veut-des-amendes-pour-les-maires-laxistes-13-08-2010-1225103_23.php, [6] https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/09/01/le-vrai-le-faux-et-l-inverifiable-du-debat-sur-l-insecurite_6050603_4355770.html, [7] https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/societe/ensauvagement-la-bataille-des-chiffres-123050, [8] Véronique le Goaziou, Eduquer dans la rue, Presses ESP, 2015, p94, [9] Laurent Mucchielli, L'invention de la violence, Fayard, 2011, 344 pages, p41, [10] Laurent Mucchielli, L'invention de la violence, Fayard, 2011, 344 pages, p53-59, [11] Laurent Mucchielli, L'invention de la violence, Fayard, 2011, 344 pages, p51, [12] Laurent Mucchielli, L'invention de la violence, Fayard, 2011, 344 pages, p71, [13] Laurent Mucchielli, L'invention de la violence, Fayard, 2011, 344 pages, p87, [14] Laurent Mucchielli, L'invention de la violence, Fayard, 2011, 344 pages, p90, [15] Laurent Mucchielli, L'invention de la violence, Fayard, 2011, 344 pages, p169. Si cette judiciarisation n’a pas débouché sur davantage de condamnations, c’est car la justice, et notamment les parquets, a développé et employé, de plus en plus fréquemment, des alternatives aux poursuites. Faute de terrasses, a-t-on le droit de boire un verre sur le trottoir ? Même si un phénomène de violence n’augmente pas, l’augmentation de sujets et d’articles traités dans les médias laissera penser qu’il augmente. Il faut les analyser et tenter de les comprendre au lieu de crier à l’ensauvagement de notre société. En effet, la pénalisation du viol s’est élargie au 20ème siècle notamment avec le viol conjugal dans les années 1990 grâce aux mobilisations féministes. a. Les jeunes jamais aussi violents face à une justice laxiste ? Cette « explosion » de l’insécurité était déjà dans la bouche des politiques et des médias en 1981 et 1984 après les émeutes populaires, puis ceux des années 90, tout comme au début de années 2000 pendant la campagne présidentielle de 2002, puis durant les émeutes de 2005, et bien évidemment pendant les derniers attentats terroristes. sur ordinateur, mobile et tablette pour 1€ seulement, Transmettre à la rédaction des documents d'intérêts publics, la délinquance par le champ médiatique et politique que j’ai déjà traité, Laurent Mucchielli explique qu’il y a 3 complications dans la méthodologie statistique. Choisissez votre formule d'abonnement pour accéder en illimité à tout Mediapart. En ce qui concerne les violences sexuelles, elles sont encore plus difficiles à mesurer et à comparer dans le temps. Mais qu’en est-il réellement alors que la justice des mineurs (ordonnance de 1945) est remise en cause ? Il faut faire attention à la statistique des services de police tant utilisée dans les médias et par les politiques. Les chiffres clés de la Justice Télécharger l'ensemble des chiffres-clés 2020 Sauf mention contraire, les chiffres d’activité sont relatifs à la France métropolitaine et aux départements d’outre-mer Retrouvez aussi sur Celles-ci permettent d’avoir une vue plus globale du phénomène. Pour le sociologue Laurent Mucchielli, cette diminution de l’homicide depuis les années 90 peut s’expliquer notamment par la variation des violences idéologico-politique. S’y ajoutent des circulaires des ministères de la Justice et de l’Education nationale qui poussent à la judiciarisation de presque tous les problèmes.», «Auparavant, quand il y avait un souci, cela se réglait entre les sanctions à l’école et les punitions des parents. [15] Les atteintes aux biens restent majoritaires comparées aux atteintes aux personnes. Pourtant, les délits diminuaient de manière constante ou étaient stables. Eric Dupond-Moretti dans l'hémicycle du Sénat le 21 juillet. l’étude annuelle de victimation de l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales, Marseille qui n’ont jamais été aussi bas depuis 10 ans, environ 900 homicides et 690 000 agressions physiques. La question des homicides … La délinquance des immigrés, dérive raciste et sécuritaire. Le sociologue de la délinquance Laurent Mucchielli explique qu’il y a 3 complications dans la méthodologie statistique. Délinquance: les vols, les portables, les femmes et les faux-semblants des chiffres. [9] Cependant, les enquêtes de victimation de la délinquance menées à des échelles locales et nationales montrent une baisse de la fréquence des infractions commises par les mineurs depuis les années 90. La justice a prononcé près de 57 000 condamnations contre des mineurs en 2008 et plus de 43 000 en 2018. [8] Contrairement aux hypothèses d’ensauvagement de la société qui serait produit par « des décennies d’individualisme forcené » dont chacun est à la merci en sortant de chez soi, les crimes et délits ne constituent pas un risque quotidien. Pourtant, sans minimiser, excuser, voire même justifier les phénomènes de violence, il semble que nous sommes bien loin d’une société sans foi ni loi, où la violence physique constituerait la norme du lien social.